Terminologie et linguistique
Dès les années 1960, les linguistes et les terminologues rappelaient que la terminologie, en tant que science, avait déjà droit de cité à la fin du XVIIᵉ et au XVIIIᵉ siècle. Cette représentation historique engageait la question suivante: « identifier les objets, en relever les propriétés et procéder à leur mise en ordre: identifier, caractériser et classer. »[1]
Bien que la terminologie n'ait été véritablement reconnue qu'à partir des années 1960 en France, elle « devient alors l'un des enjeux majeurs d'une politique linguistique qui ne cesse d'évoluer à mesure que la francophonie se construit sur la scène internationale. »[2] Toute la terminologie médicale repose sur des processus définitoires, et son usage repose principalement sur des éléments spécifiques plutôt que sur des éléments génériques.
Étant donné l'importance accordée ici à la terminologie médicale, il nous faut dresser un tableau définitoire de la notion de terminologie : Marouzeau la décrit comme un «système de termes employés pour exprimer les notions propres à une science donnée.»[3]
Pour Galisson et Coste, la terminologie est l'« ensemble des termes qui renvoient aux concepts ou aux objets afférents à un domaine de connaissance ou d'activité humaine.»[4] De son côté, Dubois affirme que la terminologie est « un ensemble de termes, définis rigoureusement, par lesquels sont désignées les notions qui lui sont propres. »[5]
La terminologie rejoint ici la linguistique, dans la mesure où le passage d'un système de termes à un autre fait que l'intégration d'un terme dans la langue médicale doit être envisagée comme un moyen de résoudre les problèmes liés au registre de langue. Confronté aux exigences de la recherche linguistique, le terminologue se trouve partagé entre plusieurs registres[6] : l'un lié à des facteurs d'ordre scientifique, l'autre à des facteurs commerciaux.
Il sera également question des registres de langue médicale et de leur mise en forme sur le site web Santé Canada. Mais cette réalité s'accompagne d'une nouvelle remarque: pour comprendre les raisons qui ont pu conduire à un tel choix terminologique, il paraît indispensable de se situer dans un contexte médical. Une fois ces registres terminologiques posés, le terminologue sait comment circulent les messages qui permettent la compréhension entre deux interlocuteurs appartenant à une langue commune ou à une langue spécialisée.
L'internet s'est révélé ici une source précieuse d'informations terminologiques dans ce domaine, grâce aux sites médicaux accessibles aux chercheurs et exprimés à la fois dans un niveau soutenu et dans un niveau courant. Il faut noter cependant que, dans le domaine de la médecine, la langue médicale a développé une nomenclature spécifique et originale. Nous entendons par là des données terminologiques produites dans et par la langue médicale, « car toute spécialité, médicale ou autre, recourt à une terminologie et à une façon de dire qui lui sont propres. »[7]
C'est pourquoi nous affirmons que le terminologue peut s'appuyer sur la linguistique afin de faciliter la compréhension de l'expression médicale spécialisée. En considérant ce qui se passe dans une prescription médicale, on constate que la distinction entre le nom scientifique et le nom commercial ne recouvre pas une différence de nature : les deux unités terminologiques appartiennent à la langue médicale. Il ne s'agit donc pas de deux conceptions distinctes, mais de deux formes linguistiques différentes renvoyant à un signifié à peu près identique, dont le choix est déterminé par le terminologue.[8]
La relation entre terminologie et linguistique se manifeste en premier lieu dans les modes de description du contenu des termes. Pour la terminologie, c'est en effet l'approche systématique qui domine (il s'agit d'un système de mots et de groupes de mots liés entre eux de façon spécifique), alors que la linguistique repose sur les caractéristiques universelles du langage, partagées par l'ensemble des êtres humains.